
Lorsque la détonation retentit il se rend compte qu'il est parti dans le coup
de feu. C'est pas un départ volé mais presque.
La nuit d'avant, dans les grandes canadiennes où les jeunes athlètes sont logés, il est allongé dans le lit de camp de sa copine, sur elle. Ils s'embrassent et se fouillent désespérément, furieusement, une grande partie de la nuit. Il ne reste rien entre eux, entre leurs peaux, entre leurs sexes, qu'un survêtement léger. Un des entraîneurs vient finalement les séparer. Il entend le commentaire que le prof de gym glisse à sa collègue : "ils n'ont pas quinze ans mais faudrait pas qu'ils nous fassent un petit."
Lorsqu'il s'élance dans le coup de feu du starter, il pense que la course va
être arrêtée mais non et son premier appui est faible, il s'affaisse sur sa
cheville, manque de trébucher. Mais de ce départ presque faux, de cette fragile
foulée, il tire une énergie farouche, se relance sans réfléchir, veut rattraper
ce qu'il croit être un retard.













































