La confusion des désirs
Par Garrigue le mardi 19 janvier 2010, 16:24 - une image, un texte - Lien permanent

Il a treize ou quatorze ans. Plusieurs jours déjà que cette fille qui se
prénomme comme sa mère le soumet à une tension élevée. Elle est plus grande que
lui. Elle a redoublé. Elle sent moins la jeune fille que la femme.
Ils échangent quelques baisers dans la cour du collège. Il se voient à
quelques rendez-vous en extérieur, dans les rues, sur le grand mail et puis à
une fête d'anniversaire, en après-midi, qu'il passe affalé sur elle dans un
large fauteuil. Aux yeux de tous ils se dévorent de la bouche. Il glisse ses
mains sous le pull de la fille et malaxe, malaxe maladroit la chaire
irrésistible de ses seins chauds. Elle lui demande : "tu as déjà été dans
un lit avec une fille?" Il ne répond rien. Elle dit :"tu vas voir, c'est très
agréable".
Puis vient le jour où elle l'invite chez elle en soirée car ses parents sont
sortis, qu'elle garde sa soeur et qu'ils pourront faire ce qu'elle lui a
proposé. Il arrive vers dix neuf heures. Elle s'occupe à faire manger sa soeur.
Une sensation de malaise le gagne. Il est venu comme à rebours. La soeur est
trisomique, la maison sombre. Elle l'embrasse, lui dit : " je la couche et
nous irons dans le lit de mes parents". Il est muet de peur. Elle lui
dit : "c'était prévu, hein, tu le savais en venant?" et répète face à son
silence : "tu vas voir, c'est très agréable."
Enfin la soeur est au lit. Elle l'attire dans la chambre des parents et,
sans doute, enlève son pull. Sans doute car le malaise a grandi et qu'il ne se
souvient plus bien de ce qui arrive ensuite. Sans doute que le nu de la peau de
la fille lui fait peur et que la lente glissade vers le lit des parents de la
fille le paralyse. Il s'excuse mais vraiment il a promis de ne pas rentrer trop
tard. C'est la fuite. Elle essaie bien de le retenir mais il est tellement
effrayée que sa frayeur est la plus grande et efficace force et prime le
reste.
Dans les rues il marche rapidement, il est furieux : contre la soeur handicapée de la fille, contre la fille hardie, contre la vie qu'il trouve plus compliquée qu'il ne le pensait et contre lui-même et la confusion de ses désirs.